4 octobre 2022

Quel est le véritable enjeu des élections législatives en France ?

La France se rend aux urnes ce dimanche pour le dernier tour des élections législatives qui sont cruciales pour les projets du président centriste Emmanuel Macron pour son second mandat. Voici ce qui est en jeu :

La coalition « Ensemble » (Together) de Macron, composée de partis centristes et de centre-droit, est confrontée à une nouvelle alliance de gauche appelée NUPES.

Lors du premier tour de scrutin dimanche dernier, les deux formations étaient au coude à coude avec respectivement 25,75 % et 25,66 %.

Au second tour, le nombre initial de candidats dans la quasi-totalité des 577 circonscriptions a été réduit à deux candidats qui s’affrontent.

Voici les résultats possibles :

Une majorité pour Macron ?

La coalition Ensemble de Macron est considérée comme la plus probable de tous les mouvements politiques pour obtenir une majorité absolue de 289 sièges.

Les partis fidèles à l’ancien banquier d’affaires ont connu une victoire écrasante lors des derniers scrutins en 2017, mais peu s’attendent à ce qu’ils s’approchent des 350 sièges obtenus alors.

Les projections actuelles des sondeurs suggèrent que Together est en passe d’obtenir entre 255 et 310 députés.

Seule une performance dans la partie supérieure de cette fourchette donnerait à Macron une majorité et lui permettrait de faire passer des lois presque sans résistance.

« Il y a le sentiment chez certains qu’il y aura un bond du soutien en notre faveur dimanche prochain », a déclaré un ministre à l’AFP cette semaine. « Je n’y crois pas. »

Un peu court ?

De nombreux analystes politiques s’attendent à ce que la coalition Ensemble de M. Macron n’obtienne pas la majorité, malgré les appels lancés aux électeurs pour qu’ils lui laissent les coudées franches.

Il a exhorté les citoyens à ne pas ajouter « le désordre français au désordre mondial » et l’ancien Premier ministre Edouard Philippe a déclaré cette semaine qu’il serait « fou » de priver le président d’une majorité.

Les négociations de coalition sont courantes dans la plupart des démocraties parlementaires, cependant, et un accord devrait être trouvé après le vote avec de nouveaux alliés.

Si Together n’est que légèrement en dessous des 289 sièges cruciaux, une poignée de députés de l’opposition ou d’indépendants pourraient être incités à rejoindre les partis au pouvoir.

Si l’écart est plus important, des liens formels devraient être conclus avec des groupes d’opposition tels que les Républicains de droite ou l’UDI de centre-droit.

Sinon, M. Macron, 44 ans, devrait compter sur le soutien de ses rivaux, vote par vote, pour chaque projet de loi.

Cela donnerait une législature désordonnée et instable.

Une poussée de la gauche ?

Considéré comme peu probable mais pas impossible, le NUPES pourrait dépasser les attentes actuelles qui le voient remporter entre 150 et 220 sièges.

Son leader, Jean-Luc Mélenchon, 70 ans, espère former le plus grand groupe au Parlement et être nommé Premier ministre.

« Les projections en termes de sièges n’ont aucun sens à ce stade, si ce n’est de maintenir une illusion », a-t-il déclaré dimanche dernier.

Prévoir les élections parlementaires et ses 577 circonscriptions est une tâche difficile et les instituts de sondage ont un bilan mitigé.

La gauche a obtenu de meilleurs résultats que prévu en 1997 et 2007.

Les candidats du NUPES auront besoin que la classe ouvrière et les jeunes se rendent aux urnes en grand nombre pour avoir une chance.

Mélenchon a passé toute la semaine à les encourager à voter après avoir enregistré des taux d’abstention record le week-end dernier.

Des chiffres de participation plus élevés que prévu seraient un signal positif pour sa coalition et bouleverseraient les modèles statistiques utilisés par les instituts de sondage.

« Nous avons déjoué les pronostics. Maintenant, le défi est de prouver que les projections sont fausses », a déclaré dimanche dernier Julien Bayou, dont le parti vert EELV est membre de NUPES.

Des gains pour l’extrême droite ?

Marine Le Pen, leader de l’extrême droite française, a réalisé un score historique lors des élections présidentielles d’avril et espère traduire ce soutien en sièges au Parlement.

Selon les projections, son parti anti-immigration, le Rassemblement national (RN), est en passe d’obtenir 10 à 45 sièges, soit une augmentation par rapport aux huit qu’il détient actuellement.

« Il n’y a pas de défaitisme sur le terrain… il y a une dynamique positive depuis 2017 », a-t-elle déclaré cette semaine dans le nord de la France, où elle est certaine d’être élue dans son fief politique personnel.

Elle a parlé de « dizaines » de nouveaux députés, tandis que le chef de son parti Jordan Bardella a évoqué la possibilité de 35 à 40.

Plus de 15 députés permettraient au RN de créer un groupe parlementaire officiel, ce qui lui donnerait beaucoup plus de visibilité et de ressources.

Autres points à surveiller

L’avenir de plusieurs membres du cabinet est en jeu, notamment celui du ministre de l’Europe, Clément Beaune, et celui de l’environnement, Amélie de Montchalin.

Ils sont tous deux confrontés à des épreuves délicates et devraient démissionner du gouvernement en cas d’échec, conformément à une convention que Macron a promis de respecter.

Ailleurs, les perspectives d’un boulanger de 53 ans qui a entamé une grève de la faim l’année dernière pour empêcher l’expulsion de son apprenti africain sont suivies de près.

Stéphane Ravacley, novice en politique, se présente pour le NUPES dans le Doubs, dans le sud-est de la France.

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