Radio Maritima Politique Meilleures ennemies : quand les dirigeants français sont contraints de « cohabiter ».

Meilleures ennemies : quand les dirigeants français sont contraints de « cohabiter ».

Meilleures ennemies : quand les dirigeants français sont contraints de "cohabiter".

Meilleures ennemies : quand les dirigeants français sont contraints de "cohabiter".

Le président français Emmanuel Macron se bat pour conserver sa majorité parlementaire, alors qu’une alliance de gauche dirigée par le fougueux Jean-Luc Mélenchon a fait une forte percée au premier tour des élections générales du pays, dimanche.

Macron, un centriste qui bénéficie également du soutien de la droite, cherche désespérément à éviter une « cohabitation » dans laquelle le président et le premier ministre sont issus de partis différents.

La France d’après-guerre a connu trois périodes de ce type, au cours desquelles le premier ministre, et non le président, a pris en charge les affaires intérieures.

Selon la constitution française, le président a le pouvoir de définir la politique étrangère et de défense.

1986-1988 : L’étincelle

Cinq ans après être devenu le premier président de gauche depuis la Seconde Guerre mondiale, François Mitterrand est contraint de faire un mariage malheureux avec le leader de centre-droit Jacques Chirac en 1986, après avoir perdu les élections législatives.

Mitterrand en prend pour son grade, déclarant que Chirac est libre de « déterminer et de conduire la politique de la nation », comme le prévoit la Constitution.

Les deux hommes ne tardent pas à s’affronter, Chirac menaçant de démissionner après le refus de Mitterrand de signer les décrets sur la privatisation des entreprises publiques.

Le gouvernement transforme ensuite les décrets en un projet de loi, qui est adopté par le Parlement.

Quelques mois plus tard, les tensions entre le duo au pouvoir sont à nouveau mises à nu lorsque Mitterrand déclare qu’il est « sur la même longueur d’onde » que les étudiants qui protestent contre les réformes de l’enseignement supérieur.

Mitterrand sort victorieux de cette lutte pour le pouvoir, battant Chirac en 1988 et remportant un second mandat de sept ans à la présidence.

1993-1995 : Un deuxième tour plus facile

En 1993, après une nouvelle défaite électorale des socialistes, Mitterrand doit s’allier à la droite pour une nouvelle période de deux ans.

Cette fois, il nomme Edouard Balladur, rival de Chirac, comme Premier ministre.

La deuxième « cohabitation » est moins acrimonieuse que la première, notamment parce que cette fois Mitterrand ne se représente pas à l’issue de ses deux mandats.

Cependant, les deux hommes s’affrontent parfois sur des questions allant des essais nucléaires aux lois françaises sur l’asile.

Alors que Mitterrand s’affaiblit en raison d’un cancer de la prostate, Balladur commence à s’exprimer davantage sur la place de la France dans le monde, agaçant le président.

1997-2002 : Le pari de Chirac

En 1997, Jacques Chirac est président depuis deux ans lorsque le leader de centre-droit fait un grand pari… et perd de façon spectaculaire.

Il dissout l’Assemblée nationale et convoque des élections avec un an d’avance dans l’espoir d’accroître sa majorité parlementaire, mais il finit par perdre des sièges au profit des socialistes, qui reprennent le pouvoir sous la direction de Lionel Jospin.

Chirac promet une « cohabitation constructive » tout en insistant sur le fait que la Constitution lui donne « le dernier mot », ce que Jospin conteste.

Les socialistes poursuivent leur ambitieux programme de réformes, introduisant la semaine de 35 heures malgré les objections de Chirac, ainsi que l’assurance maladie universelle.

Une fois de plus, la « cohabitation » s’avère plus bénéfique pour le président que pour le premier ministre. En 2002, Chirac remporte un second mandat face à Jospin et au leader d’extrême droite Jean-Marie Le Pen.

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