7 octobre 2022

Libération de Paris : Dix choses que vous ne savez peut-être pas

Du rasage des têtes de milliers de femmes à la cigarette de Jean Cocteau, voici dix faits sur un moment important de l’histoire de France que vous ne connaissiez peut-être pas.

Le 19 août 1944, des combats éclatent autour de la capitale française, conduisant à la reddition des troupes nazies et au retour triomphal du général Charles De Gaulle. Le jour officiel de la Libération est marqué six jours plus tard, le 25 août.

Voici un rapide tour d’horizon de certains des aspects les plus insolites de cette bataille historique.

1. Tout a commencé par une grève

La bataille de Paris commence par une grève du personnel des chemins de fer et du métro le 10 août, suivie le 13 par celle des policiers et des postiers.

La grève devient générale le 18 août, et des combats éclatent bientôt partout dans la ville. Le 19 août, 3 000 policiers en grève envahissent la Préfecture de police, qui devient le premier bâtiment officiellement libéré.

Des barricades de fortune ont été construites dans le centre ville. Photo : AFP

2. Plus de 600 barricades construites

Pendant la bataille de Paris, les habitants et les résistants ont commencé à construire des barricades tout autour de la ville, comme leurs ancêtres l’avaient fait pendant la « révolution de février » de 1848 et la Commune de Paris de 1871.

Plus de 600 de ces barricades ont été érigées pour se défendre contre les forces allemandes. Cependant, contrairement aux soulèvements précédents, elles ont été construites principalement dans le centre de Paris, et non dans les quartiers ouvriers de l’Est.

Fabriquées avec toutes sortes de matériaux que les combattants pouvaient trouver dans les rues, les barricades n’ont pas opposé une grande résistance à l’équipement militaire sophistiqué des Allemands, mais elles ont réussi à détourner leur attention des troupes alliées qui faisaient leur entrée dans la capitale.

3. Le commandant allemand qui a sauvé Paris

Voici quelque chose qui est encore contesté, mais au moins en partie, Paris a été sauvé par le général Von Choltitz, le commandant allemand du Grand Paris.

Hitler lui avait demandé de faire sauter les ponts et les monuments de la capitale, mais le général a désobéi, affirmant que le Führer était manifestement devenu fou.

Sa décision d' »épargner » Paris a permis de préserver une partie du patrimoine historique et culturel le plus important de la ville.

Cependant, la version du général sur la chute de Paris est contestée par certains Français, qui affirment que c’est l’avance des alliés et le soulèvement qui ont forcé les Allemands à fuir si rapidement qu’ils n’ont pas eu la possibilité de détruire la ville.

Des résistants français survivants ont qualifié de « falsification de l’histoire » le fait de le dépeindre comme le sauveur de Paris.

4. La station de métro Bastille transformée en hôpital

Comme de nombreux combattants ont été blessés lors des combats contre les occupants allemands, les gens ont dû improviser et mettre en place des centres médicaux partout, avec des ressources limitées.

La Croix-Rouge, aidée par des volontaires, a joué un rôle actif dans ce processus, en créant des installations médicales partout où elle le pouvait. La station de métro Bastille est l’un des exemples les plus célèbres, car elle a été transformée en hôpital pendant ces quatre jours, les infirmières allant et venant avec les combattants blessés.

Le défilé triomphal de De Gaulle dans la ville exclut spécifiquement les troupes africaines de la France. Photo : AFP

5. La demande américaine de soldats blancs

En 2009, la BBC a découvert des documents révélant un autre aspect, moins glorieux, des forces alliées.

De Gaulle voulait que la division blindée qui devait conduire les troupes à Paris soit entièrement composée de soldats français.

Les généraux américains acceptent sa demande, mais à la condition qu’elle ne soit composée que de soldats blancs. Les troupes qui défilent dans Paris ne sont donc pas représentatives des Forces françaises libres, composées aux deux tiers de soldats africains.

Et comme il n’y a pas assez de soldats blancs, certains des combattants de la division de De Gaulle sont finalement des soldats espagnols, qui ont également participé à la libération.

6. 20 000 femmes rasées pour « purifier » Paris

Après la Libération, environ 20 000 femmes se font raser la tête en public pour avoir eu des relations avec des soldats allemands.

Elles ont été forcées de défiler dans les rues et ont été humiliées, dans le cadre d’un rituel de purification de Paris. La majorité d’entre elles ont été punies pour leurs relations amoureuses avec l’ennemi, mais certaines ont également été accusées de collaboration et d’espionnage pour les Allemands, et condamnées à mort.

On estime également qu’entre 75 000 et 200 000 enfants sont nés de femmes françaises et de pères allemands, bien qu’il soit évidemment impossible de dire combien d’entre eux étaient le résultat de relations consenties.

7. Un acte de reddition dans une salle de billard

Le général von Choltitz propose l’acte de reddition des troupes allemandes le 25 août.

Il rencontre le général français Leclerc, chef des FFI (Forces françaises de l’intérieur ou de la résistance) dans la salle de billard de la préfecture de police, et rend officiellement Paris aux Français.

Plus tard dans la journée, Choltitz a également signé différents ordres de reddition à la Gare Montparnasse. Ces ordres devaient être envoyés à tous les officiers allemands combattant à Paris.

8. Des tireurs d’élite perturbent le défilé de la Libération

Le 26 août, le général français Charles de Gaulle, victorieux, descend les Champs-Élysées avec ses troupes.

Défilant à travers Paris, il atteint ensuite la cathédrale Notre-Dame. C’est alors que des coups de feu sont tirés autour de lui par des tireurs d’élite, provoquant une vague de panique dans la foule.

Les tireurs d’élite s’étaient cachés sur les toits des immeubles environnants, dans l’espoir d’atteindre De Gaulle. Heureusement, personne n’a été tué, mais les tireurs n’ont pas été arrêtés.

9. Les combats se poursuivent après le défilé de la libération

Lors du défilé de la libération, le 26 août, Charles de Gaulle prononce son célèbre discours, affirmant que Paris a souffert mais est désormais libérée de l’ennemi.

Cependant, la capitale française n’est pas tout à fait libérée des combats. Les affrontements se poursuivent avec des combattants allemands obstinés pendant deux jours supplémentaires. La période de « purification » de Paris qui suit est également marquée par la violence, avec des exécutions arbitraires et des meurtres de vengeance contre ceux qui sont perçus comme pro-allemands.

10. Le coup de la cigarette de Jean Cocteau

Le célèbre auteur et réalisateur Jean Cocteau était assis sur le balcon de l’hôtel Crillon pour regarder le défilé de la Libération, lorsque la cigarette qu’il fumait fut soudainement déchirée en deux par une balle. Le tir avait pour but de le tuer après qu’il ait été pris pour un tireur d’élite allemand.

Plus tard cette année-là, Cocteau comparaît devant le Comité d’épuration du cinéma, après avoir été critiqué pour ses actions pendant l’Occupation, mais il est rapidement innocenté.

Pour en savoir plus sur la Libération de Paris et les résistants qui y ont pris part, rendez-vous au Musée de la Libération de Paris – Musée Général Leclerc – Musée Jean Moulin dans le 14ème arrondissement de Paris. Pour plus d’informations, cliquez ici.

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