25 septembre 2022
Les entreprises énergétiques françaises appellent à une réduction "immédiate" de la consommation

Les entreprises énergétiques françaises appellent à une réduction « immédiate » de la consommation pour éviter les pénuries cet hiver

Les trois principaux fournisseurs d’énergie français implorent le public de réduire sa consommation d’énergie cet été afin d’économiser les ressources et d’éviter les pénuries cet hiver, alors que les coupures de gaz et de pétrole russes commencent à faire sentir leurs effets.

Dans une rare déclaration commune, les dirigeants des trois principales entreprises énergétiques françaises se sont unis pour exhorter les Français à réduire leur consommation d’énergie.

Les dirigeants de TotalEnergies, d’EDF et d’Engie ont publié dimanche une lettre ouverte dans le Journal du Dimanche appelant les Français à réduire « immédiatement » leur consommation d’essence, de diesel, de pétrole, d’électricité et de gaz afin d’éviter les pénuries et la flambée des prix qui pourraient menacer la « cohésion sociale » en France cet hiver.

La lettre supplie les personnes de commencer à « agir dès cet été » pour réduire leur consommation d’énergie et de carburant, ajoutant que cela « nous permettra d’être mieux préparés pour affronter l’hiver prochain et notamment de préserver nos réserves de gaz. »

Pourquoi y a-t-il un risque de pénurie cet hiver ?

En raison de la guerre en Ukraine, les livraisons de gaz russe à la France et à d’autres pays européens par gazoduc ont considérablement diminué. La France, comme le reste de l’Europe, tente donc de remplir ses réserves de gaz en prévision de l’hiver prochain. L’objectif est que les réserves françaises de gaz soient à 100 % d’ici à l’automne.

Alors que les Américains se préparent à la « saison de la conduite » (lorsque de nombreuses familles utilisent leur voiture pour partir en vacances) et que la Chine commence à relâcher certaines de ses mesures de verrouillage, le marché mondial du pétrole s’attend à une forte demande qui pourrait ne pas correspondre aux capacités de production actuelles.

La France est un consommateur relativement faible de gaz russe, mais elle dépend fortement de ses centrales nucléaires pour son énergie. La production d’énergie nucléaire est cependant menacée par deux facteurs : les sécheresses qui entraînent des pénuries d’eau pour le refroidissement des centrales et les problèmes de maintenance qui ont conduit à l’arrêt temporaire de plusieurs centrales pour des raisons de sécurité.

Selon le gestionnaire du Réseau de transport d’électricité (RTE), les fournisseurs d’énergie se préoccupent depuis plusieurs années de l’adéquation des ressources énergétiques.

La France a prévu que les hivers 2018 à 2024 seraient « délicats », car il s’agit d’une période charnière pour la transition énergétique après la fermeture de plusieurs centrales à charbon. La plus ancienne centrale nucléaire de France, Fessenheim, a également été arrêtée et déconnectée du réseau français en 2020.

Fin mai, près de la moitié des réacteurs nucléaires français étaient hors service en raison de fermetures prévues, ainsi que de problèmes liés à la corrosion.

Quel est le risque réel de pénurie cet hiver ?

« Il n’y a pas de risque de pénurie à court terme », a assuré le ministère français de l’environnement en mai, car il existe jusqu’à « 90 jours de stocks stratégiques, ainsi que des stocks commerciaux, qui peuvent tous deux être distribués dans tout le pays en fonction des besoins. »

Des experts comme le professeur Jan Horst Keppler, de l’université Paris-Dauphine, ne prévoient pas non plus de pénurie généralisée, même si « des pénuries ponctuelles sont possibles ».

Horst Keppler a précisé qu’il n’est pas possible, dans de nombreux cas, de substituer une qualité de pétrole à une autre, ce qui pourrait signifier que certaines raffineries pourraient connaître des « pénuries ponctuelles. » Par conséquent, il a insisté sur le fait que les consommateurs et les fournisseurs devront être très attentifs à « la disponibilité de l’essence, du diesel et du fioul domestique », encore plus « qu’à celle du pétrole brut. »

D’autres pays européens, en revanche, tirent la sonnette d’alarme. L’Allemagne, par exemple, reviendra à l’énergie produite par le charbon afin de répondre à la demande cet hiver.

Que font les compagnies d’énergie pour lutter contre le risque de pénurie ?

Selon leur déclaration, les dirigeants des principaux fournisseurs d’énergie français acceptent leur « responsabilité d’agir sur l’offre » en mettant en œuvre des plans à court terme tels que « la diversification des approvisionnements en gaz, le remplissage proactif des installations de stockage, l’accélération des importations de gaz naturel liquéfié (GNL) et la réactivation des installations mises en sommeil ».

En outre, les dirigeants espèrent lancer un « grand programme d’efficacité énergétique » et une « chasse nationale aux déchets ».

En plus d’assurer des stocks d’énergie suffisants pour l’hiver, les trois dirigeants invitent également les Français à envisager la réduction de la consommation comme un moyen d’augmenter le pouvoir d’achat des ménages dans la lutte contre l’augmentation du coût de la vie, ainsi qu’un effort pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ils ont également déclaré qu’en réduisant « immédiatement » la consommation d’énergie, ils feront preuve de solidarité avec les autres nations européennes plus exposées, notamment celles d’Europe centrale et orientale.

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