7 octobre 2022
La police française évacue les camps de migrants de la Manche

La police française évacue les camps de migrants de la Manche après des violences qui ont fait un mort

La police a démantelé mercredi un camp abritant des centaines de migrants près de Dunkerque, dans le nord de la France, après qu’une personne a été tuée et trois autres blessées dans un règlement de comptes présumé entre passeurs, ont indiqué les autorités.

Environ 500 personnes, principalement des Kurdes irakiens, vivaient sur le site boisé de Loon-Plage, près d’un canal qui sert souvent de point de départ aux bateaux espérant traverser la Manche pour la Grande-Bretagne.

Des bus se tenaient prêts à emmener les migrants vers des abris, mais la plupart d’entre eux sont partis à pied, en emportant les affaires qu’ils pouvaient.

Dans la nuit de lundi à mardi, un migrant a été tué par balle et un autre blessé par ce que les travailleurs humanitaires bénévoles ont décrit comme des tirs de mitrailleuse, le lendemain, deux autres personnes ont également été blessées par balle, dont une grièvement.

Des munitions d' »armes de guerre » ont été retrouvées, avait déclaré mardi à l’AFP le procureur de la République de Dunkerque Sebastian Pieve, et un affrontement entre groupes de passeurs rivaux est « une théorie, mais ce n’est pas facile à établir ».

« Mais il est certain que le trafic d’êtres humains est la toile de fond de cette affaire », avait-il ajouté.

Interrogé par l’AFP sur la fusillade, Dawan, un Kurde de 32 ans, s’est contenté de répondre « mafia, mafia ».

Il a dit qu’il avait récemment payé 1 600 euros à un passeur qui avait dit qu’il le ferait passer en Angleterre après avoir passé cinq mois en France, mais l’homme a disparu le lendemain.

Claire Millot, du groupe d’aide aux migrants Salam, a déclaré que la plupart des associations de bénévoles avaient cessé leurs activités à Loon-Plage par crainte de la sécurité, ajoutant que des Africains et d’autres nationalités avaient récemment été vus dans une zone habituellement occupée principalement par des Kurdes.

Depuis janvier, plus de 7 000 migrants ont réussi à traverser cette voie de navigation très fréquentée et à atteindre les côtes britanniques, après que le nombre d’arrivées ait triplé l’an dernier, pour atteindre plus de 28 000, et qu’au moins 30 migrants soient morts en tentant de le faire.

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