29 septembre 2022
Enquête française sur la "dissimulation" d'un projet de centrale nucléaire

Enquête française sur la « dissimulation » d’un projet de centrale nucléaire

Les procureurs français enquêtent sur des allégations selon lesquelles des responsables d’une centrale nucléaire ont couvert des incidents de dysfonctionnement d’une centrale vieillissante, a déclaré jeudi à l’AFP une source proche de l’enquête.

Cette décision fait suite à une plainte en justice déposée par un lanceur d’alerte, un ingénieur de la centrale de Tricastin, dans le sud-est du pays.

Dans sa plainte déposée auprès de la police en octobre 2021 et visant l’exploitant de la centrale nucléaire, l’ingénieur, dont l’identité n’a pas été révélée, a déclaré avoir alerté son employeur à plusieurs reprises au sujet des incidents et avoir également écrit au ministre de l’environnement.

Parmi les événements que l’exploitant nucléaire n’a pas déclarés à l’agence nationale de sûreté ASN, ou qu’il a minimisés, figurent une surtension inexpliquée de l’un des réacteurs de la centrale en 2017 et une inondation à l’intérieur de la centrale l’année suivante, selon l’ingénieur.

Un juge d’instruction de la ville portuaire de Marseille (sud) enquête désormais sur la centrale pour fraude et « mise en danger de la vie d’autrui », a indiqué la source juridique.

Parmi les autres infractions présumées figurent les dommages causés à l’environnement par des fuites de substances toxiques, l’entrave aux contrôles des inspecteurs nucléaires et le harcèlement sur le lieu de travail de l’ingénieur, qui affirme avoir été mis sur la touche après avoir donné l’alerte.

La France, qui tire environ 70 % de son électricité de l’énergie nucléaire, étudie la possibilité de prolonger la durée de vie de ses centrales vieillissantes, dont plusieurs, comme celle de Tricastin, arrivent à la limite des 40 ans.

En février, le président Emmanuel Macron a appelé à une « renaissance » de l’industrie nucléaire française, avec 14 nouvelles centrales, dans le cadre des efforts visant à s’éloigner des combustibles fossiles.

L’ouverture de l’enquête Tricastin témoigne de « l’extrême gravité » des accusations, ont déclaré à l’AFP les avocats de renom du lanceur d’alerte, Vincent Brengarth et William Bourdon.

Contacté par l’AFP, EDF s’est refusé à tout commentaire.

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