5 octobre 2022
Élections législatives françaises : Ce qui se passe dimanche et pourquoi c'est important

Élections législatives françaises : Ce qui se passe dimanche et pourquoi c’est important

Quelques semaines seulement se sont écoulées depuis les dernières élections, mais dimanche, la France se rend à nouveau aux urnes pour les élections législatives – voici ce qui va se passer.

La politique ne s’arrête jamais en France – surtout en année électorale. Emmanuel Macron a été élu pour un second mandat présidentiel en avril, lorsqu’il a battu l’opposante d’extrême droite Marine Le Pen au second tour des élections présidentielles.

Mais ce n’était pas la fin de la campagne électorale pour cette année : les élections législatives, qui déterminent qui occupera les 577 sièges disponibles à l’Assemblée nationale pour les cinq prochaines années, auront lieu à la mi-juin.

Les votes qui auront lieu ce mois-ci permettront d’élire les députés – via une forme de représentation proportionnelle – qui serviront les résidents de la France et des territoires français d’outre-mer, ainsi que 11 députés qui veilleront aux intérêts des Français vivant à l’étranger.

Les électeurs des territoires français d’outre-mer et les citoyens français vivant à l’étranger ont déjà voté, mais le dimanche 12 juin, le scrutin a lieu pour le premier tour de l’élection en France métropolitaine.

Dimanche

Le dimanche 12 juin marque le premier tour du scrutin en France. Pour être élu directement dès le premier tour, les candidats doivent obtenir la majorité absolue des suffrages exprimés et le nombre de voix doit être au moins égal au quart des électeurs inscrits.

Les bureaux de vote ouvrent à 8 heures du matin et ferment à 18 heures, 19 heures ou 20 heures selon l’endroit où l’on se trouve – la plupart des grandes villes gardent leurs isoloirs ouverts jusqu’à 20 heures.

Un résultat préliminaire, basé sur les votes comptés dans certains bureaux de vote, est ensuite publié à 20 heures. Le dépouillement se poursuit toute la nuit et le résultat final est publié par le ministère de l’intérieur tôt le lundi matin, bien qu’il soit peu probable que le résultat final soit sensiblement différent du résultat préliminaire.

Second tour

Si un candidat obtient une majorité absolue de plus de 50 % des voix, il a gagné et il n’y a pas de second tour dans sa circonscription.

Si aucun candidat n’obtient la majorité absolue, il y a un second tour de scrutin.

Les candidats qui obtiennent au moins 12,5 % des voix dans leur circonscription peuvent passer au second tour. Contrairement aux élections présidentielles, il peut y avoir plus de deux candidats au second tour. Les candidats qui veulent se maintenir au second tour doivent confirmer leur décision de se présenter au second tour avant le 14 juin.

Ensuite, le 19 juin a lieu le second tour de scrutin dans les circonscriptions où aucun candidat n’a rempli les conditions pour être élu au premier tour. La possibilité de se rendre une seconde fois au bureau de vote dépend donc de votre lieu de résidence et de ce qui s’est passé au premier tour.

Le second tour suit le même format que le premier, avec des résultats préliminaires annoncés à 20 heures.

Autres dates clés

Le 21 juin marque la fin du mandat de l’Assemblée nationale élue en 2017. Les députés qui ont été réélus poursuivront leur mandat, tandis que leurs collègues battus partiront.

Le 28 juin a lieu la première session de l’Assemblée élue et l’élection du président de l’Assemblée nationale.

Pourquoi tout cela est-il important ?

Les élections législatives attirent généralement moins d’attention que les présidentielles, mais elles sont cruciales pour ce qui se passe en France au cours des cinq prochaines années.

Bien que Macron ait été réélu président en avril, s’il veut faire passer des lois pendant son mandat, il aura besoin du soutien du Parlement, et donc d’une majorité de députés qui sont soit dans son parti, soit alliés à lui.

S’il ne parvient pas à obtenir une majorité parlementaire, il pourrait être contraint d’adopter la position connue sous le nom de « cohabitation », c’est-à-dire de nommer comme premier ministre le chef du parti qui a la majorité au Parlement.

Ces élections sont donc essentiellement la différence entre un Macron qui va de l’avant avec son ambitieux programme de réformes, ou cinq ans de gouvernement de « compromis » qui seront probablement marqués par la paralysie.

Alliances

Une caractéristique notable de ces élections est que de nombreux partis ont formé des alliances, acceptant de ne pas présenter de candidats les uns contre les autres.

À gauche, on trouve Nupes (Nouvelle Union Populaire, Écologique et Sociale) qui comprend l’extrême gauche La France Insoumise, le Parti Socialiste de centre gauche, les Verts et les Communistes. Il est dirigé par le candidat présidentiel Jean-Luc Mélenchon, arrivé en troisième position, qui espère être nommé Premier ministre si son groupe obtient la majorité parlementaire.

Au centre, on trouve le parti de Macron, La République en marche, Horizon – le nouveau parti fondé par l’ancien Premier ministre Edouard Philippe – et les centristes du MoDem.

A l’extrême droite, Marine Le Pen et Eric Zemmour n’ont pas conclu d’alliance et présenteront des candidats l’un contre l’autre, tandis que le parti de centre-droit Les Républicains se présente également sans alliance.

Autres partis

Contrairement aux élections présidentielles, il n’y a pas d’obligation de parrainage avant qu’un candidat puisse se présenter. Il y a donc un large éventail de petits partis qui présentent des candidats, notamment le Mouvement rural (anciennement le Parti de la chasse, de la pêche, de la nature et des traditions), le Parti animaliste, le parti Lutte ouvrière (dirigé par Nathalie Arthaud lors de l’élection présidentielle), le Parti pirate, l’Alliance centriste, le parti Solidarité des régions et des peuples, l’UDI, les Écologistes, le Parti ouvrier indépendant et démocratique, les Patriotes, la Gauche républicaine et socialiste et le parti Écologie au centre.

Et ensuite ?

Si le parti centriste de Macron et ses alliés parviennent à obtenir une majorité à l’Assemblée, les affaires continueront en grande partie comme d’habitude.

Dans le cas contraire, les jours et les semaines qui suivront l’élection seront marqués par des marchandages entre les groupes politiques pour essayer de mettre en place une alliance qui soutiendra Macron, soit en tant qu’alliance, soit sur la base d’un vote par vote.

Si cela est impossible, Macron pourrait être contraint d’entrer dans une cohabitation avec le leader du plus grand groupe du parlement.

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